Charline a tout quitté pour se consacrer à des immersions au long cours dans les grands espaces du nord de l’Europe. Elle y dédie désormais sa vie et son temps, au fil d’aventures solitaires en autonomie, principalement en automne et en hiver, lorsque les premières neiges recouvrent les montagnes, que la lumière se raréfie et prend des teintes pastel, et que les paysages se dépouillent jusqu’à l’essentiel. Dans ces territoires reculés, la durée, la solitude et les conditions extrêmes façonnent le regard et nourrissent l’imaginaire.
Naturaliste depuis l’enfance, formée à la musique pendant vingt ans avant de se tourner vers la photographie et le cinéma, elle développe une pratique autodidacte nourrie par une relation intime et spirituelle au vivant, ainsi qu’une fascination pour les environnements montagnards et arctiques.
Face aux animaux, elle ressens une relation d’égal à égal, dans ce qui se joue au-delà des mots, là où le visible et l’invisible se rencontrent.
De ces longues immersions naissent des récits photographiques et cinématographiques détachés de l’agitation moderne, qui témoignent de son attachement profond au vivant, dans un respect constant des animaux toujours libres et sauvages, sans appât ni intervention.
« Mes explorations sauvages m’ont profondément enseigné que tout ce qui nous entoure a un esprit, et est donc sacré. Il ne s’agit pas de respecter seulement les animaux, mais le vivant dans son ensemble. La terre, la flore, la faune, les éléments.
Un lieu est rempli d’histoires, d’énergies. La météo chante des poèmes, la toundra est comme un tableau vivant, et elle nous raconte toujours beaucoup de choses quand on apprend à le voir, à l’entendre. C’est ce bonheur d’être là tout simplement qui m’anime, ce sentiment de communion. Plutôt que d’apprécier ce que le monde sauvage peut m’apporter, j’aime ce que je deviens à ses côtés.
Je ressens perpétuellement le besoin de témoigner de sa beauté, de son harmonie fascinante, qui est pourtant menacée par le dérèglement climatique. »
